Scandale Climloc : ce que les commentaires oublient de dire
Après le reportage du Parisien, les critiques ont afflué. Pénurie, prix, écologie, publics fragiles : Victor Nihoul, cofondateur de Climloc, répond point par point.

Après la publication du reportage consacré à Climloc dans Le Parisien, les commentaires se sont multipliés sur les réseaux sociaux.
Certains internautes ont posé des questions légitimes. D'autres ont résumé notre activité en quelques mots : « ils aggravent la pénurie », « autant acheter »,« ils exploitent les plus modestes » ou encore « louer un climatiseur coûte 800 euros ».
Derrière le bruit, plusieurs questions méritent une réponse sérieuse :
- Climloc vide-t-elle les stocks de climatiseurs disponibles en France ?
- Louer un appareil empêche-t-il quelqu'un d'autre de l'acheter ?
- Pourquoi une location peut-elle parfois paraître chère ?
- La location est-elle réellement plus rationnelle que l'achat ?
- Climloc profite-t-elle de la détresse des personnes touchées par la canicule ?
Victor Nihoul, cofondateur de Climloc, répond point par point.
« Ils participent à la pénurie des climatiseurs »
C'est probablement le reproche qui revient le plus souvent.
Deux bourgeois qui participent à la pénurie des clims et qui vont les louer très cher.
L'image est simple : Climloc achèterait des milliers d'appareils dans les magasins français, viderait les rayons, puis les relouerait plus cher aux consommateurs qui n'ont plus d'autre solution.
Le problème, c'est que cette image ne correspond pas à la réalité opérationnelle de l'entreprise.
Pendant les vagues de chaleur, Climloc mobilise une équipe dédiée à l'approvisionnement. En 2026, quatre personnes recherchent des appareils disponibles auprès de fabricants, de grossistes et de distributeurs en France et dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne, en Hongrie et en Espagne. Les stocks sont recherchés dans les zones où ils restent disponibles, généralement parce que la demande locale y est moins forte à ce moment-là.
Nous détaillons cette dynamique de marché dans notre analyse dédiée Pourquoi Climloc évite les ruptures de climatiseurs en pleine canicule.
Lorsqu'un lot est identifié, il faut ensuite :
- vérifier les références et la puissance des appareils ;
- négocier le prix et les conditions de vente ;
- organiser l'enlèvement ;
- trouver un transporteur disponible ;
- faire traverser plusieurs pays au matériel ;
- réceptionner, contrôler et préparer chaque climatiseur ;
- le répartir dans les villes françaises où la chaleur crée le plus de besoins.
Il arrive que l'ensemble de l'opération soit organisé du jour pour le lendemain, parfois pendant la nuit.
« Mais chaque clim achetée par Climloc aurait pu être achetée par un particulier »
En théorie, oui : tout appareil acheté par une entreprise ne peut pas être acheté simultanément par une autre personne. Mais ce raisonnement oublie ce qui arrive ensuite.
Un climatiseur acheté par un particulier sert généralement à un seul foyer. Il pourra être utilisé pendant quelques jours ou quelques semaines, puis rester stocké pendant le reste de l'année. Un appareil intégré au parc de Climloc peut servir successivement à plusieurs personnes au cours du même été.
Après chaque retour, l'appareil est :
- récupéré chez le client ;
- vidangé ;
- nettoyé ;
- contrôlé ;
- réparé si nécessaire ;
- rééquipé avec son tuyau et son kit de calfeutrage ;
- attribué à une nouvelle location.
La location transforme donc un produit individuel en ressource partagée.
Si 100 climatiseurs servent chacun à cinq foyers pendant l'été, ce ne sont pas seulement 100 clients qui en bénéficient, mais potentiellement 500.
« Autant en acheter un »
Franchement, autant en acheter un…
Dans certains cas, c'est vrai.
Une personne qui souhaite utiliser un climatiseur pendant plusieurs mois chaque année, qui dispose d'un espace pour le stocker et qui accepte de gérer son installation, son entretien et ses éventuelles réparations peut avoir intérêt à acheter. Climloc n'a jamais prétendu que la location était systématiquement préférable.
Mais beaucoup de clients se trouvent dans une situation différente :
- ils ont besoin d'un appareil pendant une semaine de canicule ;
- le climatiseur fixe de leur établissement est temporairement en panne ;
- ils organisent un événement de quelques jours ;
- ils accueillent ponctuellement une personne fragile ;
- ils vivent dans un petit appartement sans espace de stockage ;
- les magasins sont déjà en rupture ;
- ils souhaitent une livraison, une installation et une reprise rapides.
Ces situations concernent aussi largement les entreprises, les établissements de santé et les associations : le B2B représente environ 50 % du chiffre d'affaires de Climloc.
« Acheter pour dix jours est aussi un problème écologique »
Un climatiseur mobile consomme de l'électricité. La location ne supprime pas cette consommation et ne rend pas l'appareil neutre pour l'environnement. Mais l'impact d'un produit ne dépend pas seulement de son utilisation. Il faut aussi tenir compte de sa fabrication, de son transport, de son stockage, de son entretien et de sa durée de vie.
Acheter des milliers d'appareils qui resteront inutilisés l'essentiel de l'année n'est pas nécessairement plus vertueux que de faire circuler un parc commun.
Chez Climloc :
- les appareils sont contrôlés après chaque location ;
- les climatiseurs en panne sont réparés lorsque cela est possible ;
- les machines et leurs accessoires sont reconditionnés avant d'être remis en circulation ;
- le parc est utilisé successivement par plusieurs clients ;
- les tournées sont regroupées ;
- les livraisons en vélo cargo sont privilégiées lorsque les distances, le poids, la météo et la sécurité des livreurs le permettent.
« Louer un climatiseur coûte 800 euros »
+100 balles de livraison mdr. On va acheter une clim à ce prix-là.
Le chiffre a beaucoup circulé dans les commentaires.
Il mélange pourtant plusieurs réalités très différentes : une location classique, une longue durée, une commande de plusieurs appareils, une intervention professionnelle, une livraison express ou une urgence événementielle.
Le reportage du Parisien indique qu'un appareil peut être loué autour de 12 euros par jour dans certaines conditions, tandis que les tarifs peuvent monter nettement pour les urgences et les événements.
Les grilles complètes sont publiques : voir par exemple nos tarifs de location à Paris, à Lyon, Bordeaux, Nice ou Toulouse.
Comparer uniquement le montant d'une location au prix affiché d'un climatiseur en grande surface revient aussi à comparer deux prestations différentes.
Le prix d'achat en magasin couvre essentiellement le produit. Le tarif Climloc doit financer :
- l'achat de l'appareil ;
- son approvisionnement pendant les périodes de pénurie ;
- le transport depuis la France ou l'étranger ;
- parfois un convoi organisé en urgence ;
- le stockage pendant toute l'année ;
- la réception et la manutention ;
- la préparation de l'appareil ;
- son nettoyage et sa vidange ;
- son entretien et ses réparations ;
- le tuyau d'évacuation ;
- le kit de calfeutrage ;
- la livraison chez le client ;
- l'installation éventuelle ;
- la reprise en fin de location ;
- le support client joignable par téléphone ;
- les échecs de livraison et de retrait ;
- les appareils endommagés, incomplets ou non restitués ;
- les équipes logistiques et opérationnelles.
Cela ne signifie pas que chaque tarif sera adapté à chaque budget ou à chaque situation.
Mais dire qu'une semaine de location devrait coûter simplement un cinquantième du prix d'achat revient à oublier l'intégralité du service et de l'infrastructure qui entourent l'appareil.
« Vous exploitez les personnes fragiles »
Encore et toujours des types prêts à exploiter les plus modestes.
C'est probablement l'accusation la plus dure à entendre pour l'équipe.
Climloc travaille effectivement avec des personnes âgées, des femmes enceintes, des familles avec de jeunes enfants, des Ehpad, des hôpitaux et des associations. Mais cela ne signifie pas que ces publics sont considérés comme une cible commerciale à exploiter.
L'entreprise applique des tarifs solidaires pour plusieurs catégories, notamment les personnes âgées, les femmes enceintes et les étudiants. Les établissements de santé et les Ehpad sont toujours priorisés pendant les périodes de tension. Climloc réalise également des livraisons gratuites pour des établissements de santé et des associations.
Cela ne transforme pas Climloc en association : l'entreprise doit payer ses appareils, ses équipes, ses transports, ses entrepôts et ses réparations. Mais une entreprise commerciale peut avoir une politique sociale et choisir de mobiliser une partie de ses moyens pour les situations les plus urgentes.
« Le Parisien a publié une publicité déguisée »
Publicité dissimulée. Publi-reportage.
Plusieurs commentaires ont accusé le journal d'avoir publié un « publi-reportage » ou une « publicité dissimulée ». L'article original est consultable ici : « Louer au lieu d'acheter un climatiseur, le bon plan proposé par Climloc en pleine canicule » (Le Parisien, 14 juillet 2026).
Le fait qu'un reportage présente une entreprise, son activité et sa croissance ne suffit pas à en faire une publicité. Le texte du Parisien aborde d'ailleurs les tarifs, le chiffre d'affaires, le fonctionnement opérationnel, l'origine de l'idée et l'apparition de concurrents. Il ne s'agit pas uniquement d'une présentation commerciale du service.
Ce que les commentaires ont raison de nous rappeler
Répondre aux critiques ne signifie pas considérer que Climloc est irréprochable.
La croissance extrêmement rapide de l'entreprise impose plusieurs responsabilités :
- expliquer plus clairement les tarifs ;
- afficher précisément ce qui est inclus ;
- éviter toute promesse impossible à tenir ;
- mieux présenter les alternatives à la location ;
- renforcer les tarifs solidaires ;
- améliorer la réparabilité du parc ;
- réduire autant que possible l'impact logistique ;
- continuer à professionnaliser le service client.
Les questions sur le prix, l'écologie et l'accès des personnes modestes sont légitimes. Les réponses simplistes, en revanche, le sont moins.
Nous ne créons pas la canicule, nous essayons d'y répondre
Climloc ne se réjouit pas des vagues de chaleur.
L'entreprise existe parce que de nombreux logements, bureaux, commerces et établissements de santé ne sont pas adaptés aux températures actuelles. La solution de long terme ne consiste pas à mettre un climatiseur dans chaque pièce de chaque immeuble. Elle passe par la rénovation thermique, l'isolation, la végétalisation, l'ombrage et l'adaptation des villes. Mais ces transformations prendront des années.
Ce soir, certaines personnes ne peuvent toujours pas dormir. Certains établissements accueillant des publics fragiles ont une climatisation défaillante. Certains restaurants, commerces et bureaux ne peuvent plus fonctionner dans des conditions normales.
On peut discuter de nos tarifs. On peut critiquer notre communication. On peut nous demander de faire mieux. Mais non, Climloc ne crée pas la pénurie.
Lorsque les rayons français sont déjà vides, notre équipe cherche des stocks ailleurs en Europe, les fait venir en France, les répare, les mutualise et les remet en circulation.
Nous ne retirons pas des climatiseurs du marché. Nous transformons chaque appareil en une ressource disponible pour plusieurs personnes.
Et c'est précisément ce que beaucoup de commentaires ont oublié de dire.
Pour aller plus loin : parcourez notre blog, nos engagements solidaires ou contactez directement notre équipe.
FAQ — Réponses aux critiques adressées à Climloc
Climloc participe-t-elle à la pénurie de climatiseurs en France ?
Non. En pleine vague de chaleur, notre équipe achat cherche du stock disponible en France mais aussi en Allemagne, en Hongrie ou en Espagne, puis organise l'acheminement en France. Chaque appareil est ensuite mutualisé entre plusieurs foyers pendant la saison — nous ajoutons du stock là où il manque plutôt que d'en retirer.
Pourquoi certains tarifs paraissent-ils élevés par rapport au prix d'un climatiseur neuf ?
Le tarif ne finance pas seulement l'appareil : il couvre l'approvisionnement en période de rupture, le transport parfois transfrontalier, le stockage annuel, le contrôle qualité, la livraison, l'installation, le kit de calfeutrage, la reprise, le support téléphonique et les réparations. Comparer une location courte à un prix d'achat magasin ignore l'infrastructure autour de l'appareil.
Louer un climatiseur est-il plus rationnel que d'en acheter un ?
Cela dépend de l'usage. Pour un besoin ponctuel (canicule d'une semaine, panne, événement, visite d'un proche fragile, petit appartement sans stockage), la location évite d'acheter un appareil utilisé quelques jours par an. Pour un usage récurrent sur plusieurs étés dans une résidence principale, l'achat ou l'installation fixe reste souvent préférable.
Climloc propose-t-elle des tarifs solidaires ?
Oui. Des tarifs réduits sont accessibles pour les personnes âgées, les femmes enceintes et les étudiants. Les Ehpad, hôpitaux et associations peuvent être priorisés et bénéficier de livraisons gratuites. Climloc a réalisé plusieurs interventions à titre gracieux pour des établissements de santé.
Le reportage du Parisien était-il sponsorisé par Climloc ?
Non. Climloc n'a ni acheté, ni commandé, ni rémunéré cet article. Le journaliste a mené son reportage de manière indépendante : nous avons répondu à ses questions et ouvert notre entrepôt, sans contrôler le titre ni le contenu final.
Besoin d'un climatiseur cet été ?
Livraison à vélo en 24h à Paris, sans caution, installation incluse. Réservez avant la prochaine vague de chaleur.